samedi, février 23, 2008

La police marocaine arrête une délégation européenne de syndicalistes ainsi que le représentant des travailleurs et retraités sahraouis de Phosboucrâ



El Ayoun, mardi 19 février – Une délégation européenne composée de représentants de la CGT France, CGT Italie et CCOO Espagne, s’est rendue au Sahara Occidental occupé par le Maroc pour rencontrer les travailleurs et retraités de la mine de phosphate de Boucrâa qui revendiquent leurs droits spoliés depuis mai 1977. C’est à cette date que l’Espagne a cédé la majorité de des parts de l’entreprise (65%) à l’Etat marocain. Le nouveau colonisateur a immédiatement rompu les accords et contrats des 721 travailleurs sahraouis, alors les 300 espagnols conservaient la jouissance des protocoles contractuels signés en 1962. Les salaires des sahraouis ont été radicalement réduits (dévaluation du fait du paiement en dirhams, 26 jours payés au lieu de 31, gel des rémunération, suppression de nombreuses primes). Malgré la répression féroce qu’exerçait à l’époque le dictateur Hassan II (arrestation de 7 ouvriers le ), les travailleurs de l’Office Chérifien des Phosphates refusent leurs salaires le premier mois, tout en continuant de travailler, à l’époque où les disparitions forcées se multiplient parmi les civils sahraouis, il n’est pas envisageable de faire grève.

Depuis 1999 le représentant des travailleurs et retraités de Phosboucraa multiplie les démarches auprès des autorités marocaines, espagnoles ainsi que les syndicats marocains sans que les légitimes revendications ne trouvent écho.

Ce jour, mardi 19 février, la délégation européenne a rencontré une centaine de travailleurs et retraités de la mine de Boucrâa au domicile de Sidi Ahmed EDDIA. C’est alors que la police marocaine a encerclé la maison où elle a fait irruption à 12h20, mettant fin à la réunion et arrêtant les syndicalistes européens ainsi que Sidi Ahmed Moussa EDDIA, Sallam Lakhlifi son épouse, Victoria Montero, président des relations internationales du syndicat espagnol CCOO et son collègue Juan ortEga, Jean Jacques Guigon du secteur international de la CGT France et Leopoldo tartagolia de CGIL Italie.


Les syndicalistes européens ont été libérés après quelques heures passées au commissariat et confiscation de leur passeport, suite à l'intervention des ministères des affaires étrangères de leurs pays.